NETTALI.COM - Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) ainsi que la sous-section du Syndicat unique des travailleurs de la Santé (SUTSAS) ont décidé de saisir la justice dans l’affaire Softcare.

L'affaire Softcare risque d'atterrir à la barre. Telle est, du moins, la volonté de la section de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) ainsi que la sous-section du Syndicat unique des travailleurs de la Santé (SUTSAS).

Ces syndicats veulent l'ouverture d'une enquête judiciaire face aux incohérences administratives marquantes de l'Arp. Qui, a d’abord ordonné le retrait du marché, des couches pour bébés et serviettes hygiéniques produites par l'entreprise avant de se rétracter en les déclarant conformes.

« Nous invitons les autorités à mener une enquête au sein de l’Agence de réglementation pharmaceutique pour faire la lumière sur d’éventuels dysfonctionnements », a déclaré Yankhoba Coly, secrétaire général de la section SAMES de l’ARP. Qui a précisé que les syndicalistes avaient initialement alerté les instances compétentes afin que « toute la lumière soit faite sur les soupçons de corruption et de conflits d’intérêts dans l’affaire Softcare ».

Cependant, l’absence de réaction concrète, a poussé les représentants des travailleurs à durcir leur position. « N’ayant pas obtenu de réponses satisfaisantes, nous avons jugé nécessaire de saisir le procureur de la République ainsi que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), dans le but de demander l’ouverture d’enquêtes indépendantes », a-t-il dit.

Cette démarche vise avant tout à protéger l’intégrité de l’institution, comme l’indique le responsable syndical : « Nous appelons les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités, afin de restaurer l’ARP dans son rôle fondamental, celui d’une autorité de réglementation pharmaceutique crédible, respectée dans la sous-région, reconnue dans l’espace francophone et à l’échelle africaine et internationale ».

L’inquiétude est d’autant plus vive que le Sénégal jouit d’un statut prestigieux en tant que premier pays francophone d’Afrique à avoir atteint le niveau de maturité 3 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la réglementation des produits médicaux. Selon Yankhoba Coly, ce succès est le résultat « d’énormes investissements en termes financiers, de ressources humaines de qualité, de renforcement et de mise en application de la réglementation pharmaceutique sur l’ensemble du territoire » national. Pour les syndicalistes, il est impératif d’agir vite pour ne pas compromettre ces acquis stratégiques par une crise de gouvernance interne.