NETTALI.COM - Trop gras, trop salé, trop sucré : voilà quelques caractéristiques des principaux aliments dont nous nous gavons tous les jours et qui produisent des effets dévastateurs dans nos organismes, surtout chez les plus jeunes. À la suite de l’enquête édifiante de "Public Eye", publiée en fin de semaine dernière sur le n°1 de l’alimentation Nestlé, le professeur Amadou Gallo Diop, qui mène le combat depuis des décennies, tire la sonnette d’alarme.

Il ne se lasse pas. Depuis plusieurs années, le professeur Amadou Gallo Diop, agrégé de neurologie, n’a de cesse d’alerter sur les méfaits des produits alimentaires que certaines multinationales déversent dans les marchés des pays en développement, en particulier en Afrique. À la suite du rapport produit par l’ONG suisse Public Eye, mettant en cause les produits pour bébé de Nestlé Suisse, le professeur revient à la charge pour mettre en exergue les conséquences désastreuses de ces produits sur la santé publique. Parmi ces produits nocifs qui inondent nos marchés, il est cité : les types de lait (Nido et autres), les biscuits, les céréales, les boissons sucrées et autres malbouffes. Ces produits, selon le neurologue, dont les alertes sont confirmées par l’enquête de Public Eye, "n'ont pas les mêmes teneurs en Suisse, en Europe et en Amérique du Nord que quand ils sont exportés vers l'Amérique du Sud, les pays arabes et l'Afrique."

Pr. Amadou G. Diop : "Des méthodes pour installer chez les enfants les addictions via les circuits cérébraux du plaisir et des designs attractifs."

Souvent, pour justifier de telles pratiques néfastes pour la santé, on invoque les "habitudes culturelles" des pays de destination. Mais de l’avis du professeur, "c'est surtout pour installer très tôt les addictions via les circuits cérébraux du plaisir et des designs attractifs".

La pratique ne date pas d’aujourd’hui. Et Nestlé n’est pas seul responsable. Depuis 20 ans, souligne le chercheur, "sachets d'alcool, de jus hypersucrés (joliment présentés) et sticks de café à 100 F le sachet’’ sont mis sur le marché et parfois commercialisés jusqu’"aux alentours des collèges et lycées", s’alarme le Pr. Gallo Diop.

Dans son viseur, il n’y a pas que les multinationales, il y a aussi leurs "filleuls", les locaux qui reproduisent les mêmes pratiques mercantiles et néfastes. "Le drame, regrette le neurologue, c'est aussi nos grosses industries ‘nationales’ locales qui travaillent souvent sous licence. Pour reproduire des ‘poisons’ légaux avec des teneurs en sucre, sel, gras, ‘conservateurs’, glutamate (neuro- excitateur central) et autres substances jamais notifiées sur les étiquettes de pâtes, jumbo et tous les cubes et bouillons, chocolats, margarines, ketchup, etc."

Le bilan dressé par l’ancien chef du Service neurologie de l’hôpital Fann est simplement inquiétant et mérite toutes les attentions de la part des plus hautes autorités. "La moitié des AVC à Fann n'ont pas 50 ans. Ils sont ‘gérés’ sur 31 lits et quatre de neuroRéa, pour 18 millions d'habitants en 2024 versus 59 lits et six de NeuroRéa en 1960 pour 3 millions d'habitants", rappelle le neurologue.

Comme à son habitude, il rappelle ses conseils pour un corps plus sain, surtout chez les enfants qui sont les plus vulnérables : "Eduquez le goût et les habitudes alimentaires de vos enfants durant la 1re décennie de vie, sinon ils vont vers ce qui a explosé chez des personnes de plus en plus jeunes : HTA (hypertension artérielle), diabète, obésité, insuffisances rénales et terribles difficultés de dialyse, cardiopathie, AVC (1/3 de décès ; pour les survivants : séquelles massives, durables ou irrécupérables), cancers en tous genres (mortalités précoces et chimio hasardeuses et difficiles)’’.

Il avertit sur les risques de plus en plus élevés d’obésité, de cancers, d’hypertensions artérielles, de diabètes... à cause de la malbouffe

Dans un article publié le vendredi 19 avril 2024, ‘’Le monde’’, qui traite du rapport de Public Eye a titré : "Nestlé dans la tourmente, entre malbouffe et scandales sanitaires". Le média français de poursuivre : "Le n°1 mondial de l’alimentation a fait face à la fronde de plusieurs actionnaires critiques et représentants d’ONG lors de son assemblée générale. Il est accusé en particulier de continuer à produire et distribuer en masse des aliments trop gras, trop salés, trop sucrés."

Le géant de l’alimentation a fait face à de sévères critiques de la part d’activistes et de certains de ses actionnaires, qui dénoncent la mise sur le marché de produits nocifs, surtout pour les enfants.

EnQuête