NETTALI.COM – Dans sa livraison de ce lundi, le quotidien EnQuête  révèle que le jeune Amath Dansokho a côtoyé presque tous les grands du mouvement révolutionnaire mondial : de Che Guevara à Fidel Castro, en passant par Nelson Mandela, Kwame Nkrumah, Amilcar Cabral, Franz Fanon, Joe Slovo (ancien secrétaire général du Parti communiste sud-africain), Sékou Touré, Modibo Keïta, pour ne citer qu’eux. C’est ainsi qu’il s’est rendu à Conakry pour prendre des armes remises au Pai par Kwame Nkrumah, par l’intermédiaire de Franz Fanon.

“Militant convaincu, l’ancien meneur de grève au lycée Faidherbe de Saint-Louis a su faire face à la toute-puissance de feu Léopold Sédar Senghor, premier président de la République du Sénégal”, décrit le journal, exploitant des informations filées par les plus fidèles compagnons de Amath Dansokho, dont son secrétaire particulier Pape Mbaye.

“Ainsi, pendant que d’aucuns ne cessent de fuir la mort, Dansokho l’a toujours préparée, parfois même bravée, n’ayant peur de rien. Un de ses amis proches rapporte, à cet effet, qu’Amath a toujours cru qu’il ne vivrait pas plus de 40 ans. Tellement les épreuves, sous ce règne de Senghor, étaient multiples. Mais le président d’honneur du Pit n’abandonnait jamais. Allant partout où besoin est pour renforcer ses aptitudes à la guerre “, remonte EnQuête.

“A Bamako, chez Modibo, nous apprend-on, il est ainsi formé aux techniques de la guérilla, par le groupe de communistes africains et sénégalais qui avait pu bénéficier d’un voyage à Cuba. A Alger, il rencontre une des grandes figures du communisme, en l’occurrence Che Guevara, après l’avoir rencontré à la frontière avec la Guinée. A Conakry justement, il s’est rendu pour prendre des armes remises au Pai par Kwame Nkrumah, par l’intermédiaire de Franz Fanon. C’était pour préparer la résistance armée dont l’embryon était fixé dans le Sénégal oriental, précisément dans le Niokolo “. “Je dois préciser, souligne Pape Mbaye, que le foyer révolutionnaire ne concernait pas seulement le Sénégal oriental. Un autre devait avoir lieu en Casamance. Dans le Niombato et le Saloum également, il y avait un foyer. La preuve est que, dans toutes ces zones, des camarades ont été arrêtés et jugés. La plupart d’entre eux faisaient d’ailleurs partie du groupe qui a été formé à Cuba’’.

L’époux de Babette, père d’Alcali, Elsa et Alice, a connu la prison, l’exil pendant plusieurs années, à Bamako, à Alger et dans le lointain Prague, a vécu toutes sortes de brimades, mais en bon combattant, il n’a jamais renoncé. Toute sa vie, il aura lutté pour une société où les inégalités seraient supprimées. Raison pour laquelle il n’a jamais voulu entendre parler du statut de chef de l’opposition. Il disait : “Moi, je ne suis le chef de personne. Personne ne peut être mon chef”.